Quand la mort insolente s’invita à ma table,
Je ne pus que lui dire: Bonjour ma vieille amie.
Elle a bien pris ces aises, se pensant tout permis,
Menaçante et cruelle, à chaque grain de sable.

Elle moissonna un champ pas tout à fait mûri,
Récoltant le bourgeon, le fané et l’épi
Sous sa faux en démesure, le désert se fit
Qu’elle arrosait pourtant de nos pleurs et nos cris.

Elle a beau me promettre que, bientôt, reviendront
La chaleur, les semis, l’espoir d’un jour nouveau,
L’injustice me broie, et trouble ma raison.

Ce n’est jamais trop tard, mais c’est toujours trop tôt,
Je devais vous revoir, c’était la floraison
Mais l’hiver est venu aux derniers jours du beau.