Coup de théâtre

Adieu, puisque les nuits se suivent et se ressemblent,
Quand je cherche tes bras pour ne pas les trouver.
Adieu toi qui a su, d’un geste, m’entraver,
Qui a fait de mes nuits, un instant dont je tremble.

Connaitras-tu un jour la douleur qui me semble,
De souffrir de t’aimer, de toujours en rêver?
Connaitras-tu un jour, le bonheur de donner,
De pouvoir être moi quand nous sommes ensemble ?

Comprendras-tu enfin que je ne veux choisir
L’ignorance facile, le plus simple plaisir,
De ces niais bienheureux que je moquais, satyre.

Comprendras-tu enfin que je n’aime que toi
Que le monde est bien terne quand je ne t’y vois pas
Comprendras-tu mon cœur, que je ne veux partir.

Vers Bien Armés

Après tant de combats, après tant de batailles,
Je peux fermer les yeux, me reposer enfin.
Tu voulais que mes vers s’écrivent de ta main
Au gré de nos duels, en gueule à ton émail.

Tu les voulais guerriers, haubert, côte de maille,
Tranchants vers la victoire, parés d’alexandrins,
Tu les voulais soldats, quand je ne voulais rien
Que t’offrir chaque mot, mes plaies et mes entailles.

Je me fous de ces coups qui brisèrent l’armure,
Je me fous de t’aimer malgré chaque blessure,
Car je me suis battu jusqu’au bout de mes forces.

Je te laisse le champ. Bravo… tu as vaincu.
Je te rends tes couleurs, pardonne-moi l’entorse,
De n’avoir su mourir et de m’être perdu.

Chom a ran

Contre ton épaule dénudée, je respire
Un parfum oublié, le sucre de ta peau
Et mes lèvres curieuses à coup de baisers chauds
Se font alors joueuses pour te redécouvrir.

Je dessine un chemin, juste par souvenir,
De ces nuits, ces matins, où caressant ton dos,
Une armée de frissons révélaient d’un écho
Que ton corps, à raison, ne voulait plus dormir.

Endormie dans mes bras, je te voyais rêver,
Tu t’éveillais parfois, m’implorant de rester.
Alors vaincu, je t’ai fait le serment: chomin.

Si j’écris cet instant, c’est pourtant sans espoir
Redevenue ma muse, dans la nuit la plus noire,
Comme toujours tu t’amuses et je vis de mon Spleen.